Le kendo

L'idéogramme 剣 en fonction du contexte se prononce tsurugi (prononciation kun) ou bien ken (prononciation on). Il est souvent traduit par sabre, mais 剣 est aussi et d'abord épée. Tsurugiri 剣 est une épée japonaise à double tranchant droite. Ce qui n'est pas la cas du sabre japonais. L'arme la plus coupante jamais produite par l'homme est courbe. Le sabre est décrit, entre autres, par l'idéogramme 刀 qui se prononce katana ou bien too. L'idéogramme 剣 est constitué de 10 traits et d'usage courant (常用).
L'idéogramme 道 en fonction du contexte se prononce michi (prononciation kun), ou bien doo ou too (prononciation on). Il signifie chemin, route, rue et aussi voie. L'idéogramme 道 est constitué de 12 traits et s'apprend en seconde année (gakushuu 学習).
Il est commun de traduire kendo 剣道 par la voie du sabre. Et finalement, même s'il est souvent écrit kendo, du point de la prononciation à la japonaise il est plus réaliste d'écrite kendô, ou bien kendoo. En effet, le son o final est un o long.

Le kendo est le dernier avatar du kenjutsu, ensemble de techniques visant pour l'essentiel à trucider un adversaire sur le champs de bataille au moyen d'un sabre, ou katana. Après des siècles de pratiques, la paix forcée des Togukawa et l'ère Meiji qui s'en suivit fit disparaître la caste des samouraïs, et avec eux la pratique effective des techniques de sabre. Le katana fut remplacé par des armes moins dangereuses, tels le boken et le shinai, et les techniques évoluèrent, pour aboutir à la transformation du kenjutsu en kendo.
D'autres arts martiaux suivirent le même chemin, tel le jûjutsu qui devint le judo et le kyujutsu qui se transforma en kyudo. Malgré cette transformation de "technique" en "voie", le kendo servi de support au nationalisme des années 1930, tant il est vrai que le sabre incarna, et incarne encore peut-être l'esprit japonais. Interdite par les forces américaines, sa pratique fut autorisée de nouveau en 1952. Encore confidentiel en France, le Comité National de Kendo regroupe moins de 10000 pratiquants, nous sommes le pays avec l'effectif le plus important d'Europe. Au Japon, le kendo peut être considéré, avec le base-ball, comme sport national. La Fédération Japonaise de Kendo compte des millions de pratiquants qui se regroupent autour des principes suivants qu'elle a définit :
" Le kendo est conçu pour discipliner le caractère de l'homme à travers la mise en oeuvre des principes du sabre. Le but de la pratique du kendo est : de former l'esprit et le corps, de cultiver un caractère vigoureux, et, par un entraînement correct et rigoureux, de s'efforcer de progresser dans l'art du kendo; de tenir en estime la courtoisie et l'honneur, de coopérer avec les autres en toute sincérité, et de toujours poursuivre la culture de soi. Ainsi chacun sera capable d'aimer son pays et la société, de contribuer au développement culturel, et de promouvoir la paix et la prospérité entre tous les peuples"
Cl. Hamot K. Yoshimura - 1997 - Budoscope - Découvrir le Kendo - Amphora

Art martial, sport de combat, le kendo se pratique à tout âge. Au Japon, l'encadrement spécifique permet aux enfants de débuter très jeunes, alors que les maîtres pratiquent un kendo redoutable jusqu'à plus de 80 ans ... En effet, malgré l'engagement extrêmement fort du combat, le kendo est très peu traumatique. Mouvements naturels, toujours dans l'axe, et protections étudiées du corps permettent aux kendokas de se livrer sans retenue aux assauts les plus soutenus.
La finalité de l'apprentissage du kendo est l'opposition libre de deux combattants ( keiko ). Afin que cette opposition se fasse dans le respect des règles de la courtoisie, une progression est nécessaire. C'est ainsi que le kendoka apprendra les déplacements et les techniques de frappe de base, avant d'endosser les éléments de l'armure. Ce n'est que lorsque les fondamentaux auront été un minimum intégrés qu'il sera autorisé à s'opposer à un adversaire. Cette phase d'apprentissage peut sembler longue, mais elle est nécessaire à une opposition sincère et sans danger.
Héritier d'une tradition, le kendoka se verra également enseigné une série de 10 kata. Essentielles à la pratique du kendo, ces formes rappellent au pratiquant qu'il ne peut pas espérer pratiquer un beau kendo sans s'imprégner de l'esprit du sabre. Plus simplement, le shinai utilisé comme un bâton reste un bâton. Dans les mains d'un maître, il acquiert l'efficacité d'un sabre.
Les protections

La part esthétique du kendo provient sans doute en grande partie de l'équipement du pratiquant. Au fur et à mesure de sa progression, l'apprenti revêt le hakama et le keikogi, pantalon et veste, avant de revêtir l'armure : tare, protection du bas-ventre et des cuisses, doo, protection de l'abdomen et du thorax, kote, moufle protégeant les avants-bras et men, casque grillagé. Cette armure est spécialement conçue pour protéger le pratiquant des quatre frappes autorisées : tête , avant-bras, abdomen et gorge.

Le men est l'élément d'armure le plus important, il protège la tête. Il est pertinant de porter particulièrement une attention aux trois éléments suivants :
- Le menbuton 面布団, il constitue la majeure partie du casque. Cette partie est recouverte de tissu, mais n'en n'est pas constituée exclusivement. Plus les points de couture sont proches, plus ils soutiennent le menbuton au moment du choc avec le shinai.
- Autre élément de sécurité la grille métallique, le mengane 面金. Il en existe principalement deux sortes : celle basée sur un alliage avec de l'aluminium et celle basée sur un alliage avec du titane.
- Enfin un élément de confort, l'espace pour le regard monomi 物見. Pour une pratique agréable, il est important que cet espace plus large se trouve au niveau des yeux.
Si vous achetez votre men dans un magasin, alors demandez à toucher pour comparer les membuton et essayez les men pour la position du monomi. Si le vendeur ne vous laisse pas vous faire une idée sur le matériel, allez ailleurs.
Si vous achetez votre men sur internet, prenez soin de donner les mensurations de votre tête.
Les armes
A cette tenue viennent s'ajouter les armes : le shinai, sabre en lattes de bambou utilisé lors des combats, le bokken ou bokutô et le kodachi sabres en bois utilisé pour les katas et certains éducatifs, et dans certains cas,le katana, employé par les grands maîtres pour l'exécution des katas.
Combien ça coûte ?
Le hakama et le keikogi de base se trouvent aux environs de 90 euros chaque. Le prix du shinai varie de 30 à 75 euros selon la provenance, celui du boken de 15 à 45 euros. Pour débuter, on trouve une armure coréenne neuve complète pour 600 euros, moins en achat direct sur internet. Le marché de l'occasion existe, mais compte tenu du nombre de pratiquants, il est peu fourni. Généralement, les clubs prêtent du matériel et des armures en attendant que le débutant acquière le sien. Il existe de nombreux sites de vente sur Internet, en voici quelques un :
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