
Le kendo est le dernier avatar du kenjutsu, ensemble de techniques visant pour l'essentiel à trucider un adversaire sur le champs de bataille au moyen d'un sabre, ou katana. Après des siècles de pratiques, la paix forcée des Togukawa et l'ère Meiji qui s'en suivit fit disparaître la caste des samouraïs, et avec eux la pratique effective des techniques de sabre. Le katana fut remplacé par des armes moins dangereuses, tels le boken et le shinai, et les techniques évoluèrent, pour aboutir à la transformation du kenjutsu en kendo.
D'autres arts martiaux suivirent le même chemin, tel le jûjutsu qui devint le judo et le kyujutsu qui se transforma en kyudo. Malgré cette transformation de "technique" en "voie", le kendo servi de support au nationalisme des années 1930, tant il est vrai que le sabre incarna, et incarne encore peut-être l'esprit japonais. Interdite par les forces américaines, sa pratique fut autorisée de nouveau en 1952. Encore confidentiel en France, le Comité National de Kendo regroupe moins de 10000 pratiquants, nous sommes le pays avec l'effectif le plus important d'Europe. Au Japon, le kendo peut être considéré, avec le base-ball, comme sport national. La Fédération Japonaise de Kendo compte des millions de pratiquants qui se regroupent autour des principes suivants qu'elle a définit :
" Le kendo est conçu pour discipliner le caractère de l'homme à travers la mise en oeuvre des principes du sabre. Le but de la pratique du kendo est : de former l'esprit et le corps, de cultiver un caractère vigoureux, et, par un entraînement correct et rigoureux, de s'efforcer de progresser dans l'art du kendo; de tenir en estime la courtoisie et l'honneur, de coopérer avec les autres en toute sincérité, et de toujours poursuivre la culture de soi. Ainsi chacun sera capable d'aimer son pays et la société, de contribuer au développement culturel, et de promouvoir la paix et la prospérité entre tous les peuples"


